ANGELINNA, Proposition #5

                        Yonghi Yim - BASCULE 

REMISE EN JEU

A l'acte unique et irréversible du dessin s'opposerait la production multiple et mécanique de la lithographie. Yonghi Yim s'écarte de cet à priori au profit d'une recherche plastique assumant l'incongruité de produire des impressions en exemplaire unique avec un outil industriel. Après dix années de dessin, en venir à la lithographie a été pour elle une manière de prolonger sa pratique et ses explorations par un procédé soulevant de nouvelles questions de matérialisation.

Les trois expositions Bascule I, Bascule II, Bascule III présentent onze impressions grands formats dans les vitrines d'Angelinna. Située dans un lieu de passage de l'immeuble Rivoli dont le premier niveau est dédié depuis plusieurs années quasiment exclusivement à l'art, Angelinna présente un espace d'exposition minimum, un espace où l'on ne peut se tenir mais qui contrairement aux galeries voisines est constamment visible. Yonghi Yim investit cet espace en fixant directement au mur ses pièces sur support papier. Les trois phases d'exposition sont saisies pour présenter des impressions issues de productions récentes dont certaines n'avaient encore jamais été pensées pour être montrées ensemble. L'une d'elles n'ayant pas été décrochée entre deux expositions, elle démontre le potentiel latent de chacune à entamer de nouveaux rapports avec d'autres. Ainsi Bascule I, Bascule II, Bascule III peuvent être perçus comme trois hypothèses à plusieurs variables. Tacite dans l'idée de bascule, la notion d'équilibre entre les pièces s'articule à la tension produite par leur proximité, ce qu'amplifient les larges châssis noirs encadrant les quatre œuvres placées derrière les vitrines. La légère pente du sol met quant à elle en évidence leur succession et l'artiste décide d'exploiter ce subtil décalage en plaçant les impressions à hauteur constante.

Devant les tirages, on comprend que la finalité n'est jamais issue d'une seule décision prise en amont. Elle résulte d'un cheminement entre l'idée initiale, le protocole que l'artiste se donne et les contraintes techniques. L'immédiateté n'existe pas en lithographie: la maîtrise du procédé se décompose en une série d'étapes déterminantes. Le temps de création est nécessairement long depuis la préparation de la pierre à la manipulation du rouleau qui étale par passage la couleur sur la surface du plateau et de l'imposante presse. Au-delà des possibles en lithographie préfigure très clairement dans le travail de Yonghi Yim la volonté d'exploiter les limites des outils concernés. La conscience d'un détournement de leur fonction s'est progressivement affirmée en allant au maximum de leurs mesures et en y confrontant celles de son propre corps. Ce protocole actuellement au cœur du travail laisse à la machine elle-même, de par son poids, et à la grande dimension des éléments la capacité d'influencer le résultat plastique.

Si considérer la technique comme opérante semble à première vue une manière d'évacuer les conventions esthétiques, c'est bien davantage pour l'artiste une manière de réunir de présupposés contraires. Dans la lithographie comme l'expérimente Yonghi Yim, il s'agit de dépasser l'efficacité du procédé d'impression pour recueillir ce qu'il a d'insaisissable. Tant la précision que l'imprévisible peuvent donner lieu à des évidences artistiques. Autrement dit, chaque geste importe et se doit d'être précis mais sa conséquence ne peut être préméditée. Elle n'est pas pour autant valable et dans la production abondante une sélection s'opère constamment entre ce qui doit être écarté ou gardé. Ainsi de manière empirique, à la surprise ou l'accident survenus à la surface du papier, se rejoue la légitimité de l'idée.

L'enjeu d'un accrochage en trois volets a permis d'insister plus encore sur les notions de rapport et de contraste explicites ou implicites entre des pièces qui ont obéi à des protocoles différents. Bascule I, Bascule II, Bascule III en révèlent davantage les points communs que les dissemblances. Les imperfections issues des défauts de planéité du plateau notamment et les impressionnants formats des supports et des outils que l'artiste manipule y apparaissent de manière évidente. Important aux yeux de l'artiste, ce qui fait rapport a itérativement été remis en jeu. Sans doute, est-ce là que se concrétise son idée du multiple en lithographie.

© Cécile Vandernoot, août 2019

     Yonghi Yim, Plate, monotype sur papier Munktell, 144 x 100, 2018 © Yonghi Yim

ANGELINNA, Proposition #5, Yonghi Yim - BASCULE I accrochage du 12 05 - 22 06 19

ANGELINNA, Proposition #5, Yonghi Yim - BASCULE II accrochage du 23 06 - 24 08 19

 ANGELINNA, Proposition #5, Yonghi Yim - BASCULE III accrochage du 26 - 31 08 19

Plain, monotype, Somerset, 140 x 102, 2019   

Pierre Bleue. lithographie, Fabriano, 143 x 103, 2019

Roll up, monotype, Zerkall, 140 x 100, 2019 

Nîmes, monotype, Munktell, 144,5 x 100, 2018  

BACK INTO PLAY

To the unique and irreversible act of drawing one could oppose the multiple and mechanical production of lithography. While standing aside this a priori in favour of a plastic research, Yonghi Yim assumes the incongruity of producing unique copy prints using an industrial tool. After ten years of drawing, coming to lithography was for her a way to extend her own practice and explorations by means of a process bringing up new issues of materialization.

The three exhibitions, Bascule I, Bascule II and Bascule III present eleven large format prints in the ANGELINNA showcases. Located in a crossing point of the Rivoli building, whose first level has been for several years almost exclusively dedicated to art, ANGELINNA presents an extremely small exhibition space where one cannot stand but, unlike other neighbouring galleries, is constantly visible. Yonghi Yim makes use of this space by fixing her paper-based pieces directly on the wall. The three phases of exhibition are seized to present prints from recent productions, some of which have never been thought to be shown together. One of them, not having been removed between two exhibitions, shows the latent potential of each one of them to initiate new interactions with others. Thus, Bascule I, Bascule II, Bascule III can be thought of as three hypotheses presenting different variables. Tacit vis-à-vis the notion of tilting, the balance between the parts is articulated according to the tension produced by their proximity. The large black frames flanking the four works behind the showcases amplifies this phenomenon.The slight slope of the ground brings to light their succession and the artist decides to exploit this subtle shift by placing the prints at a constant height.

Standing before the impressions, one can understand that the purpose is never the result of a single decision taken upstream, but rather of a process between the initial idea, the protocol that the artist allows herself and the technical constraints. Immediacy does not exist in lithography: the mastery of the process is decomposed into a series of decisive stages. The time of creation is necessarily long, from the preparation of the stone to the handling of the roller, which spreads the colour by passing on the surface of the plate and of the imposing press. Beyond the possibilities in lithography, Yonghi Yim's work clearly prefigures the desire to exploit the limits of the tools concerned. The consciousness of a diversion of their function has gradually been demonstrated by attaining the maximum limits of their magnitude while, at the same time, confronting them with those of her own body. This protocol, currently at the core of her work, leaves to the machine itself, due to its weight, and to the large size of the elements, the ability to influence the plastic outcome.

If considering the technique as operative seems at first sight a way of evacuating the aesthetic conventions, it is more for the artist a way of bringing together opposing presuppositions. In lithography, as Yonghi Yim experiments it, it is necessary to go beyond the efficiency of the printing process to become aware of the elusive nature it encloses. Both precision and unpredictability can give rise to artistic evidence. In other words, every gesture is important and must be precise, but its consequence can by no means be premeditated. It is therefore not valid and in the abundant production, a selection operates constantly between what must be dismissed and what must be kept. Thus, empirically, to the surprise or accident bound to occur on the surface of the paper, the legitimacy of the idea is once again at stake.

The issue of a three-pronged hanging strategy allowed the focus to be laid even more upon the notions of explicit or implicit relation and contrast between pieces that obeyed different protocols. Bascule I, Bascule II, Bascule III expose more accurately the common points than the dissimilarities. The imperfections resulting from flatness defects of the plate in particular and the impressive formats of the supports and the tools handled by the artist come out in an obvious way. Paramount to the artist is the fact that any of the elements has reiteratively been put back into play. It is no doubt there that her idea of ​​the multiple in lithography materializes.                                              © Cécile Vandernoot, août 2019 - trad .Ângela Prestes                                


           ANGELINNA, Proposition #4 

               Pia MYrvoLD - COLOSS ISLAND


ANGELINNA Proposition #4, Pia MYrvoLD, COLOSS ISLAND, vue ensemble.

Pia MYrvoLD - COLOSS ISLAND

Le code fractal des cristallisations sans fin qui est pour partie humain, pour partie vecteur de transmission, se définit aléatoirement comme improvisation libre.

Coloss Island allie deux titres. Le Colosse renvoie aux figures symboliques du fronton des portes des cités anciennes mais également aux mythes et contes de fées où l'alchimie pouvait créer des substances vivantes, des armées, des soldats ou des homoncules.

Island fait référence au titre de Michel Houellebecq La Possibilité d'une île, où il décrit une existence « blanc sur blanc » de l'intelligence artificielle et aborde l'éventualité qu'une telle conscience soit améliorée ou téléchargée dans d'étranges versions synthétiques. Le titre renvoie aussi bien à la construction d'un nouvel habitat dans l'espace qu'à des biosphères artificielles fabriquées par l'homme sur Terre.


The fractal code of endless crystallizations that is part mankind, part vector, defines itself randomly like free improvisation.

Coloss Island combines two titles, the Colossus refers to the symbolic figures at the gates of ancient cities, but also those in myths and fairy tales, where alchemy could create living substance, armies, soldiers of homonculus.

Island refers to Michel Houellebecq's book The Possibility of an Island, where he describes a "white on white" existence of artificial intelligence and the eventuality of such a consciousness being upgraded or uploaded into strange synthetic versions. The title refers as well to the reality of construction of new habitat in space or man-made biospheres on Earth.

ANGELINNA Proposition #4, Pia MYrvoLD © Michel Clerbois 


Pia MYrvoLD, GardenSenses02-PR.40x30 inches (102x76 cm), 2014, digraphic edition #20 

© Pia MYrvoLD - 1300 e

 Pia MYrvoLD, Coloss Island, Ed 20 ex, 58 x40, 

© Pia MYrvoLD - 400e

Pia MYrvoLD, GardenSenses-PR..40x30 inches (102x76 cm), 2014, digraphic edition #20

© Pia MYrvoLD - 1300 e

Pia MYrvoLD, Coloss-Island-Fall-PR. 77 x 58 cm, 2014, digraphic edition #20 © Pia MYrvoLD -800 e

Pia MYrvoLD, Metamorph-Expandium-PR 40x30 inches (102x76 cm), 2014, digraphic edition #20 © Pia MYrvoLD - 1300 e

Pia MYrvoLD, Metamorph-SpiralHelix-PR 40x30 inches (102x76 cm), 2014, digraphic edition #20 © Pia MYrvoLD - 1300 e

Pia MYrvoLD - Artist and futurist

Pia MYrvoLD with his daughter Isa, Brussels © Michel Clerbois

Pia MYrvoLD is a Paris-based artist and futurist specialised in interactive art interfaces that involve the public on a deeper level in the thinking and the creative process. Through technology and multimedia like 3D animation, painting, video, fashion and design. MYrvoLD builds new relationship between the art, the dissemination of ideas and the public. Her art exhibitions and installations spearhead new roles for the future of the museum and the intrinsic role of art in building future societies.

Through her 3D worlds and VR installations, MYrvoLD shows us that art and language are virtual concepts rooted in historic procreation, cultural structure and fluid identities. The fractal instinct to build presents itself in this era of technologies and global connectedness with new media, through perception, imagination, and participation with individual and collective creativity.

The installation ART AVATAR at the Centre Pompidou in November 2014 suggested a fractal bridge from the past to the future. Key elements where a virtual reality space mirrored with exact detail the real space in real time allowed the public to make their personal animated sculpture visible in the virtual space. By using tracking devices and infrared motion sensors, the public's role changes from spectator to co-creator without compromising the artistic content and experience of the exhibition. Her 2015 project, WANDS, - a first generation smart sculptures and the ongoing large scale Syn-Energy sculpture project aim to integrate the process of artistic production with industry, urban culture planning, energy harvesting and to be an inspirational model for government and urban developers.

In 2016 New York Times invited her as a key presenenter in the conference Art for Tomorrow in Doha, establishing her importance and reputation as an innovateur and pioneer in contemporary and new media art on the international scene. MYworLD is represented by galleries in Paris, New York, San Francisco, Miami and is exhibiting regularly in China, US, Europe, Scandinavia and Middle East



Pia MYrvoLD
est une artiste parisienne et futuriste spécialisée dans les interfaces artistiques interactives qui impliquent le public à un niveau plus profond dans la réflexion et le processus créatif. Grâce à la technologie et au multimédia comme l'animation 3D, la peinture, la vidéo, la mode et le design, MYrvoLD construit une nouvelle relation entre l'art, la diffusion des idées et le public. Ses expositions et installations d'art ouvrent de nouveaux rôles pour l'avenir du musée et le rôle intrinsèque de l'art dans la construction des sociétés futures.

À travers ses mondes 3D et ses installations VR, MYrvoLD nous montre que l'art et le langage sont des concepts virtuels enracinés dans la procréation historique, la structure culturelle et les identités fluides. L'instinct fractal à construire se présente dans cette ère de technologies et de connectivité

globale avec les nouveaux médias, à travers la perception, l'imagination et la participation à la créativité individuelle et collective.

L'installation ART AVATAR au Centre Pompidou en novembre 2014 a suggéré un pont fractal du passé vers le futur. Éléments clés où un espace de réalité virtuelle reflétant avec précision l'espace réel en temps réel permettait au public de rendre visible sa sculpture animée personnelle dans l'espace virtuel. En utilisant des dispositifs de suivi et des détecteurs de mouvement à infrarouge, le rôle du public passe du spectateur au cocréateur sans compromettre le contenu artistique et l'expérience de l'exposition.

Son projet 2015, WANDS, - une première génération de sculptures intelligentes et le projet de sculpture Syn-Energy à grande échelle visent à intégrer le processus de production artistique à l'industrie, la planification culturelle urbaine et la récupération d'énergie.

En 2016, le New York Times l'a invitée comme conférencière clé à la conférence Art for Tomorrow à Doha, établissant son importance et sa réputation d'innovatrice et de pionnière de l'art contemporain et des nouveaux médias sur la scène internationale. MYworLD est représenté par des galeries à Paris, New York, San Francisco, Miami et expose régulièrement en Chine, aux États-Unis, en Europe, en Scandinavie et au Moyen-Orient.

For her fourth proposal, Angelinna invites you to discover the works of the Norwegian artist Pia MYrvoLD (1960).

Pia MYrvoLD, multidisciplinary artist lives and works in Paris. "Coloss Island" is his first solo exhibition in Brussels and presents a series of digraphic, digital art is one of the major research of the artist, a medium in which she has made a worldwide reputation.

In May, Pia MYrvoLD will present an installation in off, during the Venice Biennial.

You will find attached various information concerning his career, his work, these projects

We are at your disposal for any additional information and thank you in advance for your attention and for the possible follow-up to this project.

Pour sa quatrième proposition, Angelinna vous propose de découvrir les oeuvres de l'artiste norvégienne Pia MYrvoLD (1960).

Pia MYrvoLD, artiste pluridisciplinaire vit et travaille à Paris. "Coloss Island" est sa première exposition personnelle à Bruxelles et présente une série de digraphic. L'art digital est une des recherches majeurs de l'artiste, médium dans laquelle elle s'est faite une réputation mondiale.

Au mois de mai,Pia MYrvoLD présentera une installation en off, lors la biennale de Venise.

Vous trouverez ci-joint, divers informations concernant son parcours, son travail, ces projets.

Nous nous tenons à votre disposition pour tous renseignements complémentaires et vous remercie d'avance pour votre attention et pour les suites que vous pourriez apporter à ce projet.


Sandra Caltagirone, Fluxnews n°79, mai 2019

Pia MYrvoLD - Coloss Island

Artiste pluridisciplinaire, Pia MYrvoLD (1960) est une norvégienne vivant à Paris. Depuis quarante ans, elle se distingue par diverses techniques artistiques, mais s'est surtout investi dans l'univers digital où elle fut pionnière dans de nouveaux média. Pia MYrvoLD vogue entre les divers modes de représentations à travers le monde : Paris, Venise, New York, San Francisco, Miami, de la Scandinavie au Moyen Orient.MYrvoLD construit une nouvelle relation entre l'art, la diffusion des idées et les publics. Ses expositions et installations interactives se présentent à l'ère des technologies et des nouveaux média de connection globale comme des interactions entre les mondes virtuels et réels.Pour sa première exposition bruxelloise, Pia MYrvoLD présente dans les vitrines d'Angelinna, un ensemble de digitalprint, issu de la série Coloss Island. Dans cette série commencée en 2016, par les Cubeway, elle crée des œuvres qui sont issues d'interactions entre la 2D et la 3D, peuvant faire référence à l'abstraction expressionniste américaine, mais ici, la touche n'est plus physique mais virtuelle ; celle des fractales.S'inspirant des figures mythiques des colosses et de l'alchimie de l'existence artificielle, de la bio-chimie au transhumanisme, elle fait un clin d'œil au livre de Michel Houellebecq "La Possibilité d'une Ile" dans lequel est décrit un être ayant une vie éternelle mais qui n'a d'existence que comme intelligence artificielle dans le disque dur de son ordinateur. Coloss Island serait comme une expression de ces données qui nous montrerait ce que nous sommes, ici et maintenant, affirme l'artiste...En mai, lors de la biennale, elle présentera, hors des sentiers officiels, une troisième expérience vénitienne, dans une ancienne église sur la Guidecca. Une proposition originale Time Machine, à partir de ses formes expérimentales LightHackSculpture. Entre projections fractales et prélèvements de morceaux de réalité. Un nouveau challenge pour l'artiste. A suivre...

Agéa Philippe
Bruxelles, avril 2019

                   ANGELINNA, Proposition #3                                               Marcel POLIN - GESTE / FORME

ANGELINNA Proposition #3, Marcel Polin, GESTE / FORME vue ensemble

Marcel POLIN - GESTE n°32 ,2018 acrylique sur toile, 33 x 24 © Marcel Polin - Collection privée

GESTE / FORME

Les peintures que Marcel Polin nous présente, ne sont qu'une partie d'un vaste corpus de séries. Ces séries peuvent alterner entre figuration et non figuration, si abstraction il y a elle est généralement géométrique. Ses peintures abstraites ou figuratives débutent la plupart du temps par un chaos coloré, au travers duquel il cherche une résolution ou plutôt un paradigme plastique, qui lui permettra de décliner sa série jusqu'à épuisement de la forme. Marcel Polin ne travaille pas avec des idées mais avec des formes produites par des actions, une volonté de peindre la peinture. La peinture pour lui est une expérience et une forme de pensée. Cette dernière série débute un peu différemment, l'origine en est un dessin, un signe graphique, un tracé, en fait un geste. Mais Marcel Polin fait peu confiance aux premiers gestes, à la spontanéité, qui souvent n'est que gesticulations. Ce signe est transformé, arrêté, radicalisé, il devient forme peinte, le dessin dessine le fond qui lui-même devient forme. Cette série de peinture est bicolore, les couleurs sont saturées, la surface devient espace par l'introduction d'un nouvel élément coupant la surface, dessin linéaire et discret qui porte au regard une certaine ambiguïté entre planéité et spacialité, forme de perspective lumineuse.

Marcel Polin est un peintre qui nous fait aimer un peu plus la couleur.

André Debono, novembre 2018

                                                                                   MARCEL POLIN - GESTURE /FORM

Marcel POLIN, GESTE n°27, 2018, acrylique sur toile, 60 x 73 - © Marcel Polin

The paintings presented here by Marcel POLIN compose a part of a broader corpus of series. These series oscillate between figuration and non-figuration, if abstraction takes part, it is generally geometric. His paintings, abstract or figurative, emerge from a colourful chaos, through this process he seeks for a resolution or rather a plasticism paradigm, which will then allow him for various declensions throughout the series until exhaustion of the form. Marcel Polin does not work with ideas but with shapes produced by actions, a will to paint.

Painting for him is an experience and a form of thought. This last series began a little differently, the origin came as a drawing, a graphic sign, a trace, simply a gesture. But Marcel Polin choose to not fully trust the first gestures, the spontaneity, which can often just be random kinesics.

The sign is here transformed, stopped, radicalised and becomes a painted shape, the drawing draws the background which itself becomes shape. This paintings' series is two-colored, colors are saturated, the surface becomes space through the introduction of a new element splitting the surface, a linear and discrete drawing putting the spot on a certain ambiguity between flatness and spatiality, a form of luminous perspective.

Marcel Polin is a painter who makes us love color a little bit more.

André DEBONO, November 2018

ANGELINNA Proposition #3, Marcel Polin, GESTE / FORME

 Marcel POLIN © Michel Clerbois

Marcel POLIN, GESTE n°3, 2016, acrylique sur toile, 24 x 19  - © Marcel Polin

 Claude  Lorent, La Libre du 13 févier 2019

ANGELINNA, Proposition #2 

Roger KOCKAERTS - INTERPRETATIONS PHOTOGRAPHIQUES 

Pour sa deuxième proposition l'association ANGELINNA propose dans ses vitrines des œuvres du photographe bruxellois Roger KOCKAERTS (1931) spécialiste des techniques photographiques. Il présentera une sélection à partir des deux séries de recherches « soldats inconnus » et « recyclage », liées à la mémoire et aux médiums photographiques.

« Projet soldats inconnus »

Le procédé photographique historique « carte de visite » a été inventé au début du siècle dernier. La carte de visite se présente comme le portrait d'un personnage dont le tirage est collé sur un carton de dimensions standardisées. Elles ne mentionnent jamais le nom du personnage photographié. Afin d'éliminer les dernières traces d'une reconnaissance physique, les traits du visage sont enlevés par grattage au scalpel. Les procédés utilisés sont le tirage à l'albumine, le tirage au charbon et le procédé argentique. Les cartes de visite manipulées sont présentées dans une enveloppe neutre et encadrés dans un encadrement carré.

Projet « recyclage »

Une collection de plaques de verre historiques d'auteurs inconnus, souvent abimées est recyclée en imprimant les plaques sur un papier de haute qualité à l'aide du procédé au palladium. Le but de ce concept est d'éloigner les objets de leur sens original et, en combinaison avec une représentation sophistiqué, de leur offrir une nouvelle existence conne objet d'art..

ANGELINNA, proposition #2 , Roger KOCKAERTS INTERPRETATIONS PHOTOGRAPHIQUES , vue d'ensemble 

Roger KOCKAERTS - Unknown Soldiers Project Exclusive manipulated original 20th century portrait - 1/1 2014 10,5 x 6,4

© Roger Kockaerts

Roger KOCKAERTS - Projet « recyclage » © Roger Kockaerts.

article de Jean Marc Bodson, Arts Libre, décembre 2018

ANGELINNA, Proposition #1 - 

Michel CLERBOIS - "PHOTO D'ART" -

ANGELINNA, Proposition #1 - Michel CLERBOIS - "PHOTO D'ART" , vue d'ensemble  © Michel Clerbois

 Michel CLERBOIS - PHOTO D'ART n 4,  2017,  cyanotype © Michel Clerbois

proposition #1

MICHEL CLERBOIS

PHOTO D'ART

Michel Clerbois (B, 1958) est un artiste plasticien pluridisciplinaire. Depuis les années 80, il a entamé une réflexion sur l'art et sa représentation, à partir des concepts d'objectivité/subjectivité, d'indiciaire, de traces et d'empreintes. Pour cette exposition, il présente une série de photographies réalisées en 2017 en cyanotypie*, une technique de la photographie, marginale du XIXe siècle, qui fait l'objet d'un regain d'intérêt depuis quelques années. Une douzaine de cyanotypes ont été réalisés par l'artiste durant l'été 2017, à partir de deux plaques de verre d'anciennes enseignes d'un magasin de photographie. Le temps a passé sur ces verres abimés et usés, objets trouvés, désuets et déclassés. Ils sont des témoignages d'une certaine histoire de la photographie. "La Photographie d'Art" sujet vague, flou pourrait-on dire ! avec un petit côté désuet et ringard. La série "PHOTO D'ART" fonctionne comme concept sur le sujet photographique: elle est le sujet et l'objet. La plaque de verre comme négatif. L'image faite "par contact" en une représentation 1/1 du négatif /positif, issu de ce corps à corps. Des variations sur le thème donne à voir diverses possibilités formelles qui font écho à la pratique de la photographie, comme le net et le flou, les niveaux de lecture, le développement, la saturation, mais aussi à la pratique picturale en appliquant le produit sensible, au rouleau en monochrome homogène ou au pinceau avec des nuances et des réserves

"PHOTO D'ART", ce pourrait-être la métaphore de toute la photographie pré-digitale; avec l'utilisation de la lumière, du travail physique du développement et de la transformation chimique du support et l'apparition de l'image qui ont tant fasciné les photographes depuis l'invention de celle-ci; mais aussi une proposition conceptuelle des thématiques comme le paysage, le portrait, le nu, le reportage, le document,.... mais aussi à des pratiques de la photographie sans appareil comme le photogramme, le cliché verre, le chimigramme.


* Le cyanotype est un procédé photographique monochrome négatif ancien, par le biais duquel on obtient un tirage photographique bleu de Prusse, bleu cyan. Cette technique a été mise au point en 1842 par le scientifique et astronome anglais John Frederick William Herschel. Cette technique est ensuite utilisée par la botaniste Anna Atkins qui va la développer pour ces recherches et en 1843, commence la publication des British Algae qui est le premier ouvrage publié à utiliser des phonogrammes réalisés par cyanotype. En 1853 et 1854 deux autres livres utilisant la même technique, Cyanotypes of British and Foreign Ferns et Cyanotypes of British and Foreign Flowering Plants and Ferns, seront publiés.