ANGELINNA Proposition #7,

ERIC STENMANS   -   PRÉCARITÉ - ÉTERNITÉ


                           ANGELINNA Proposition #7, Eric STENMANS, PRÉCARITÉ - ÉTERNITÉ, vue ensemble des vitrines

ANGELINNA Proposition #7, Eric STENMANS, PRÉCARITÉ - ÉTERNITÉ, vue ensemble Galerie 32

Peintures sur kraft

Eric Stenmans, Sans titre, peinture sur kraft, 142 x 77, © Marianne Stenmans

Eric Stenmans, The End, peinture sur kraft,

14 05 1986, 130 x 80 © Marianne Stenmans

Eric Stenmans, Sans titre, peinture sur kraft, 140 x 80, 1986 © Marianne Stenmans

Il y aurait une oeuvre dans un lieu, pour un temps, pour un corps

On y prendrait les peintures pour des sculptures et vice versa. 

On y verrait des volumes fixés aux murs et des surfaces posées au sol. 

Il y aurait à voir - surtout à sentir

Il y aurait des propositions, des doutes et pourquoi pas du beau, du superflu. 

Il y aurait des courbes, des lignes, des angles, de la lumière, des pièges à lumière - surtout l'émotion

Il y aura en définitive la question : pourquoi encore une expo ? 

Il y a la réponse (celle qui me parait la plus judicieuse) parce que. 

Nous voilà bien avancés. 

E.S. 

There will be a work, in a place, for a time, for an other

The paintings will be taken for sculptures and vice versa. 

There will be solid shapes fixed to the walls, flat surfaces placed on the floor. 

There will be things to be seen - above all to be felt

There will be propositions, doubts, and why not something beautiful, something superfluous. 

There will be curves, lines, angles, light, light traps - above all there will be emotion

And finally, there will be the question: why yet another exhibition? The answer (what to me makes the most sense): because

So far, so good... 

E.S

Eric Stenmans, Sans titre, peinture sur kraft, 50 x 55, 1985  ©Marianne Stenmans

Looking at the work of Eric Stenmans is like seeing the image of a memory for the first time. His brush leaves the trace of a shadow on the kraft paper as the background blurs into the 'immaterial' colour of the Byzantine Empire where the artist would work the organic and the molten to transform it into gold. This precious matter acts like an aura. But just as the aura would not exist without the object from which it emanates, so too the halo derives its full significance from the head it encircles. The painting of Eric Stenmans functions in the same way. The shadow and the art pre-exist and, until the hand of the artist intervenes, all we can see is the neutral paper! Ground and brush stroke interact and the resulting shapes, erupting in clusters or in fragments, leave us wondering if the form was painted before the ground or the gold applied before the figure? His paintings play on illusion and on optical phenomenon creating an abstraction, a luminescence, rather than a palpable reality - an impression accentuated by the energy of the brushwork and the fervour of the figures, distorted, dense and ready to explode. These black human bombs are there deep within us all: they precede us and will survive us; they transcend life and death; they have the lightness of being and the age of stone. 

The AlchemistEtienne Tilman Art historian/Gallerist 

Eric Stenmans, Sans titre,  peinture sur kraft, 80 x 100, 1985  © Marianne Stenmans

Regarder un souvenir dont on découvre pour la première fois l'image est ce qu'offre Eric Stenmans. Sous son pinceau, le papier kraft laisse apparaître en ombre son filigrane et simultanément le support s'estompe en prenant la couleur reconnue immatérielle dans l'empire byzantin. L'artiste pétrit l'organique, la mouvance pour en faire de l'or. Cette matière précieuse fonctionne et ressemble à une aura. Or, l'aura n'existerait pas sans le corps qui l'a produite, tout comme l'auréole prend tout son sens grâce à la tête qu'elle enserre. La peinture d'Eric Stenmans fonctionne de la même manière. L'ombre et l'art préexistent et avant que la main de l'artiste n'intervienne, nous ne pouvons voir que du papier neutre ! Dans cette perspective, le travail du fond est donc interdépendant des coups de pinceaux. Ceux-ci, par leurs groupements et leurs décimations, font jaillir l'espace et nous interrogent : la forme a-t-elle été peinte avant le fond ou le doré a-t-il été appliqué avant la figure ? Ses peintures travaillent donc l'illusion et le phénomène optique pour devenir une idée, une luminescence plutôt qu'une réalité palpable. Cette impression est renforcée par l'énergie avec laquelle ses oeuvres ont vu le jour et par la fougue que contiennent ces corps contorsionnés, concentrés, prêts à éclater. Ces bombes noires et humaines, nous les avons tous au plus profond de nous. Elles nous préexistent et nous survivront ; elles sont au-delà de la vie et de la mort ; elles ont la légèreté de l'être et l'âge de la pierre.

l'Alchimiste, Etienne Tilman, Historien / Galeriste

Just a walk without words, a heavenly journey... (part I), 100 x 100 x 103, 2000  © Marianne Stenmans

Just a walk without words, a heavenly journey... (part I), 100 x 100 x 103, 2000 (détail) © Marianne Stenmans

10 éléments paraffine et pigments neutresdimensions variables © Marianne Stenmans

 Eric Stenmans déteste la nostalgie - il aime la mémoire. Il n'a pas l'angoisse du temps qui passe. Au contraire, il en jouit par chacun de ses pores - comme une dense sédimentation au plus profond de la chair - jusqu'à la moelle. L'oeuvre de Eric Stenmans est travail de rigueur. Il connaît parfaitement chacun des « objets » structurant son iconographie personnelle. Il est en contact avec chaque parcelle de matière qui les fait exister. Il sait leur forme, leur chaleur, leur poids, leur masse, leur friabilité. Il sait. Et il nous invite à faire l'expérience d'une linguistique toute personnelle et pourtant pillée aux lieux communs de la symbolique universelle. Comment songer à faire un « chef-d'oeuvre », dit-il, quand c'est le regard du spectateur qui fait la moitié du boulot! Au choc immédiat de l'émotion coup de poing autant qu'au discours ésotérique d'un certain conceptuel laborieux, Eric Stenmans préfère la subtilité du trouble à effet-retard. Comme pour faire l'expérience d'une « plus-value de l'émotion » dont on porte en soi l'imprégnation. Pour longtemps. Xavier Ess Journaliste 

Eric Stenmans detests nostalgia but prizes memory. He is not perturbed by the passing of time. Quite the opposite. He thrives on it, breathing it in through each and every pore, right to the marrow - a dense sedimentation in his innermost flesh.

The work of Eric Stenmans is rigorous in all respects. He knows each and every detail, each and every particle of the 'objects' that constitute his personal iconography. He knows their form, their temperature, their weight, their density, their fragility. And he offers us the chance to learn his language, self-created yet plundered from the common stock of universal symbols. How can one think in terms of creating a 'masterpiece', he says, when so much depends on the eye of the beholder!

To the immediate shock of 'gut' emotion or the esoteric discourse of a laboured conceptualism Eric Stenmans prefers the subtlety of unease, of tension triggered over time. Emotion-added. That lingers on... and on...

Xavier Ess, Journalist

Sans titre, peinture sur kraft, 84 x 77,5, 1989 © Marianne Stenmans